Le modèle Biopsychosocial en Ostéopathie
- 27 avr. 2025
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Dernière mise à jour : 2 mai 2025
La douleur est considérée comme étant multifactorielle et semble être peu liée à des changements patho-anatomiques(1). L’ostéopathie se plaçant dans un paradigme holistique avec son lien corps-esprit, on pourrait se dire qu’elle respecte le modèle biopsychosocial (BPS). Hélas non… Ses principes fondateurs sont basés sur une interprétation de structures défaillantes. Le traitement ostéopathique se repose sur un modèle biomécanique(2). Cependant, la douleur peut s’expliquer non seulement par de la pathologie et de la biomécanique, mais aussi par de la neurophysiologie et des facteurs psychosociaux(2).
Le modèle BPS
Le modèle Biomédical ne semble pas être efficace et n'a pas la capacité de prédire les douleurs musculosquelettiques(1). De plus, la prévalence des lombalgies ne fait qu’augmenter(3). Elle se base sur un concept de causalité linéaire. La publication de l’article de Lederman intitulé « La chute du modèle Posturo-Structuro-Biomécanique (PSB )» permet de décentraliser le tissus et la biomécanique dans la compréhension de la douleur(4). Cependant, les facteurs Psychosociaux (PS) semblent être prédictifs du passage à la chronicisation et de l’évolution de la douleur en présentant une efficacité modérée dans la prise en charge de la douleur chronique(5,6). Ainsi, les facteurs PS peuvent se greffer avec le modèle biomédical.
Les mécanismes BPS de la douleur
Le codage prédictif est un modèle de compréhension des perceptions, elles ne sont pas passives. Avant l’arrivée d’un stimulus, le cerveau anticipe la situation en évaluant le contexte de l’individu via un modèle interne de régulation. Ensuite, monte jusqu’au cerveau le stimulus afin de comparer les deux réalités. En sort un modèle cohérent avec une réalité dite construite et une dite biologique, afin d’adapter un comportement et une modification physiologique adéquate à la situation(7,8).
L’expérience de la douleur est modulée par différents éléments du contexte biologique (fatigue, sommeil, génétique, …) et des éléments du contexte psychosocial (expériences passées, stress, dépression, …).
Ce que l’Ostéopathe peut proposer
Eyal Lederman considère trois catégories d’effets en thérapie manuelle (TM)(9). Ils sont tissulaires, neurophysiologiques, psychologiques.
D’un point de vue tissulaire, la thérapie manuelle permet plusieurs actions intéressantes. Elle donne lieu à une augmentation de la mobilité, favorise la réparation tissulaire, elle diminue la perception de raideur ou de tension chez les patients et très important, elle permet de moduler les symptômes douloureux(10).
En terme neurophysiologique, La TM accorde une modification des marqueurs du Système nerveux autonome. De plus, elle permet d’augmenter le contrôle moteur et la proprioception. Sachant que dans le cas de cervicalgies chroniques, est associé une perte de contrôle moteur, on parle d’amnésie sensori-motrice(10).
Et finalement, on a les facteurs psychologiques, qu’on peut aussi considérer comme des facteurs PS. Ce sont les effets non-spécifiques, ils sont influencés par les attentes du patient, ses croyances et les interactions patient-praticien(11).
En conclusion, L’ostéopathe dans une prise en charge BPS de la douleur doit se concentrer sur certains points essentiels :
- Créer une alliance thérapeutique
- Rassurer et éduquer le patient
- Reconceptualiser la compréhension de la douleur chez le patient
- Autonomiser le patient
- Redonner confiance
Le tout à travers nos mots et nos mains.
(1) : Mescouto K, Olson RE, Hodges PW, Setchell J. A critical review of the biopsychosocial model of low back pain care: time for a new approach? Disabil Rehabil. 2022.
(2) : Hidalgo D, MacMillan A, Thomson OP. ‘It's all connected, so it all matters’ - the fallacy of osteopathic anatomical possibilism. International Journal of Osteopathic Medicine. 2024.
(3) : Hartvigsen J, Hancock J, Kongsted A. What low back pain is and why we need to pay attention. The Lancet 2018.
(4) : Lederman E. The fall of the postural-structural-biomechanical model in manual and physical therapies: exemplified by lower back pain. J Bodyw Mov Ther. 2011
(5) : Draper-Rodi J, Vogel S, A. Bishop (2018) Identification of prognostic factors and assessment methods on the evaluation of non-specific low back pain in a biopsychosocial environment.
(6) : Chou R, Qaseem A, Snow V, Casey D, Cross Jr. JT, Shekelle P, Owens DK. Diagnosis and treatment of low back pain: a joint clinical practice guideline from the American College of Physicians and the American Pain Society.
(7) : Geuter et al. Functional dissociation of stimulus intensity encoding and predictive coding of pain in the insula eLife 2017.
(8) : Tabor A. et Burr C. Bayesian Learning Models of Pain: A Call to Action Current Opinion in Behavioral Sciences 2019.
(9) : E. Lederman, The science and practice of manual therapy, second ed., Elsevier Churchill Livingstone, Edinburgh, 2005.
(10) : Bialosky, J.E., Bishop, M.D., Price, D.D., Robinson, M.E., George, S.Z.The mechanisms of manual therapy in the treatment of musculoskeletal pain: a comprehensive model. Manual Therapy2009
(11) : Benedetti F, et al. Neurobiological mechanisms of the placebo effect. J Neurosci 2005.




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