Les types de douleurs
- 27 avr. 2025
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Dernière mise à jour : 2 mai 2025
La douleur nociceptive
La douleur nociceptive provient d’une atteinte réelle ou d’une menace d’atteinte d’un tissu non-neural due à l’activation de nocicepteurs(1). Cette activation induit une inflammation dite neurogénique en périphérie de la zone activée. Elle permet la protection du périmètre pendant la réparation tissulaire, rendant la zone plus sensible aux différents stimuli. C’est la sensibilisation périphérique.
Simultanément, se produit un renforcement synaptique de la corne dorsale de la moelle, c’est de la sensibilisation centrale.
Ces informations vont remonter jusqu’au cerveau en activant l’aire sensori-discrimininative permettant de localiser, et de décrire le type et l’intensité de la douleur. Et aussi les aires cognitivo-affectivo-motivationnelles donnant lieu à l’expérience perçue et au comportement adopté face à la douleur. Ainsi, induire une modification physiologique et permet d’adopter un comportement adéquat face à la douleur.
Dans un cas normal, les différents type de sensibilisations (périphérique et centrale) diminuent jusqu’à la guérison de la lésion.
Les signes cliniques de la douleur nociceptive (1,2) :
- La douleur est localisée.
- Il existe une relation cohérente entre le stimulus et la réponse (Exemple : La charge induite sur le tissu).
- Il existe une relation cohérente entre les facteurs calmants et aggravants (Exemple : Sur une entorse de la cheville, mettre de la charge implique une augmentation de la douleur et la décharge fait diminuer la douleur).
- Il y a la présence d’hyperalgésie et d’allodynie primaire (à cause de l'inflammation neurogénique).
Remarque : la douleur peut être chronique.
La douleur nociplastique
La douleur nociplastique résulte d’une altération de la nociception (plasticité nociceptive mal adaptative) sans forcément que l’on puisse démontrer que les nocicepteurs sont activés par des dommages tissulaires réelles ou potentiels, soit par une maladie ou une lésion du système somato-sensoriel provoquant la douleur(1).
Elle est décrite par une réorganisation du Système nerveux. Tout d’abord, la corne dorsale de la moelle diminue le seuil d’excitabilité neuronale. Le tronc cérébral remplace petit à petit l’inhibition descendante par de la facilitation descendante de la nociception. Au niveau cortical, les aires sensori-discriminatives diminuent leurs activités, ce qui implique un floutage cortical. Le système nerveux autonome subit des modifications, le système orthosympathique prend le dessus sur le système parasympathique.
Les signes cliniques de la douleur nociplastique sont (1,2) :
- L’expérience de la douleur est disproportionnée.
- La douleur est diffuse, se déplace ou se généralise.
- Il y a la présence d’allodynie et d’hyperalgésie secondaire.
- Il y a la présence de facteurs PS inadaptés (Catastrophisation, peur-évitement, faible auto-efficacité, dépression fatigue).
Remarque : une douleur chronique n’est pas nécessairement nociplastique.
La douleur Neuropathique
La douleur neuropathique est due à une lésion ou maladie du système nerveux périphérique somato-sensoriel(1).
Lors de la lésion d’un nerf, en même temps qu’il se répare se produit une inflammation neurogénique, s’ajoute la production de facteurs de croissance, ce qui stimule les terminaisons libres, c’est de la sensibilisation périphérique. La repousse axonale induit parfois un phénomène douloureux vif et bref qui s’appelle une éphase (c’est un court-circuit). De part de la lésion du nerf, la moelle spinale s’active est induit de l’allodynie et de l’hyperalgésie secondaire par différents phénomènes. Les fibres A-δ et C s’activent de manière spontanée, la mort de certaines cellules entraîne une dyshinibition et une potentialisation à long terme like, et la microglie peut activer le Wide dynamic range (c’est un neurone de second ordre à large spectre). Ensuite, s’effectuent des modifications supraspinale comme du floutage cortical, tout ça, c’est de la sensibilisation centrale.
Une radiculopathie est une maladie de la racine qui explique une perte de fonction sensorielle ou motrice ou les deux dû à un bloc de conduction. Or 4 à 17 % des neuropathies sont non-douloureuses. Il ne faut donc pas confondre douleur radiculaire et radiculopathie. La douleur radiculaire est due à la stimulation du ganglion de la racine dorsale ou de la racine dorsale. Il est possible que lors de l’étirement du nerf lésé, une douleur se produise ailleurs que sur le dermatome. On appelle ces localisations les dynatomes.
Une neuropathie est une perturbation de la fonction ou un changement pathologique d’un ou plusieurs nerfs. Il est important de ne pas confondre une douleur neuropathique et une neuropathie, en effet, la fonction du nerf et la douleur du nerf sont deux phénomènes biologiques différents.
Les signes cliniques des douleurs neuropathiques sont (1,2):
- La présence d’une douleur à type de : brûlure, électricité, allodynie, hyperalgésie, dysesthésie, paresthésie, démangeaisons.
- La douleur peut-être continue ou spontanée
- La qualité de vie et de sommeil est hautement diminuée.
(1) : Nijs J, Kosek E, Chiarotto A, Cook C, Danneels LA, Fernández-de-Las-Peñas C, et al. Nociceptive, neuropathic, or nociplastic low back pain? The low back pain phenotyping (BACPAP) consortium's international and multidisciplinary consensus recommendations. Lancet Rheumatol. 2024
(2) : Chimenti RL, Frey-Law LA, Sluka KA. A Mechanism-Based Approach to Physical Therapist Management of Pain. Phys Ther. 2018




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