Les neurotags de la douleur 2
- 3 mai 2025
- 3 min de lecture
Un neurotag (ou neuromatrice) est un embrasement unique de neurones faisant suite à différents types d’entrées encodées (sensorielle, cognitive, émotionnelle). Cet allumage produit une signature neurale induisant plusieurs types de réponses comme la douleur, un mouvement ou une émotion. La neuromatrice est un espace neural global de travail, ce système est complexe et performant (1).
Les zones du cerveau impliquées dans la douleur
Lors de la douleur, plusieurs zones du cerveau sont allumées.
Le Thalamus, c’est le chef d’orchestre, il va répartir les données afférentes dans le cerveau. Les zones sensori-discriminatives (S1=discrimination ; S2=Mémoire). Le cortex pariétal postérieur compare les informations sensori-discrimantives et les données encodées (visuelles, auditives…). Le cortex insulaire est le centre intéroceptif. Le cortex cingulaire antérieur donne les sensations désagréables. Finalement, le cortex préfrontal c’est là où s’effectue l’intégration de second ordre, le message devient conscient (2).
Les concepts clef dans les neurotags
Il n’existe pas un neurotag spécifique à la douleur. Comme dit précédemment, l’activation d'une neuromatrice est très spécifique au contexte. De plus, pour une même perception, plusieurs neurotags s’allument en même temps, ils s’influencent entre eux, mais sont aussi en compétition, c’est ce qu’on appelle la saillance. Afin de définir lequel aura de l’importance, il y a deux propriétés dans l’allumage neuronal. Tout d’abord, la force neurale, c’est à la fois la quantité de neurones qui s’activent, on parle de masse neuronale et l’efficacité synaptique, c’est la rapidité d’activation pré et post-synaptique. La précision d’allumage est la deuxième propriété qui rend un neurotag prépondérant, c’est la capacité aux neurones ne faisant pas parti du neurotag à devenir silencieux (3).
Il existe deux types de neurotags. Les neurotags de modulation, qui proviennent des données encodées, la nociception, les données visuelles, auditives et proprioceptives. Elles ne sont pas suffisantes pour la perception. Les neurotags d’action sont le deuxième type. Ils produisent la perception comme la vue, la douleur, un mouvement, la peur (1,3). On peut en déduire que le modèle prédictif dans la théorie du cerveau Bayésien (l’article sur le BPS et l’ostéopathie) est cohérent avec les notions de neuromatrices. Les afférences sensorielles (réalité biologique) et le modèle prédictif (le modèle interne) sont des neurotags de modulation. La comparaison des deux induit l’arrivée d’une perception (réalité construite), un neurotag d’action qui minimise les erreurs prédictives.
Relation entre neurotags et motricité
Dans une population qui n’a pas mal au dos, si on leur fait croire qu’ils ont mal au dos, les muscles du tronc vont s’activer pareillement que les gens qui ont mal au dos. Ils vont limiter les mouvements du rachis afin de limiter la menace perçue. Plus on croit que son dos est fragile moins on a de schémas moteurs (4). En définitif, les croyances du patient ont un réel impact sur leurs perceptions. L’éducation thérapeutique comme l’éducation aux sciences de la douleur peut être un outil majeur dans la prise en charge de la douleur dans le but d’éviter des comportements mal adaptatifs et de la douleur.
(1) Melzack R. Pain and the neuromatrix in the brain. J Dent Educ. 2001
(2) Peyron R, Laurent B, García-Larrea L. Functional imaging of brain responses to pain. A review and meta-analysis. Neurophysiol Clin. 2000
(3) Wallwork SB, Bellan V, Catley MJ, Moseley GL. Neural representations and the cortical body matrix: implications for sports medicine and future directions. Br J Sports Med. 2016




Commentaires