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Douleur Vs Nociception

  • 25 avr. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 mai 2025



La douleur

D'après l'IASP: la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes.

La dernière partie de la définition est très importante. La lésion tissulaire, l'aspect abîmé du corps n'est ni nécessaire ni suffisant à une expérience douloureuse (1). Les données actuelles sur la douleur permettent de décrire trois types de douleurs. La douleur nociceptive fait suite à une activation de nocicepteurs. La douleur neuropathique, se produit après une lésion ou une maladie d’un nerf. Puis la douleur nociplastique, se présente lors d’une altération de la nociception. On parle de plasticité mal adaptative.


La nociception

Elle se définit par : un processus neural d’encodage d’un stimulus nociceptif via des nocicepteurs (ou terminaisons libres).

Les nocicepteurs ont des compétences spécifiques grâce à leurs récepteurs membranaires. Ils réagissent chacun à un type de stimulation, mais il en existe plusieurs afin de balayer les différents champs de menace à l’homéostasie. Par exemple, on a les ASIC qui sont des récepteurs mécaniques (ils ont leur rôle dans les courbatures). Les G sont associés aux médiateurs de l’inflammation. TrkA se couplent avec du Nerve growth factor, ils remontent jusqu’au ganglion de la racine dorsale afin de stimuler la fabrication de récepteurs membranaires en cas de lésion(2).

Il existe deux types de fibres à compétences nociceptives. Les fibres A-δ sont sensibles aux stimuli mécaniques, les piqûres, le tranchant. Les fibres C quant à elles sont sensibles aux stimuli thermiques et chimiques. Elles sont toutes les deux à haut seuil d’excitabilité. Lorsqu’on se pince fort l’activation des A-δ vont générer en premier la douleur, puis les fibres C vont permettre une douleur sourde qui reste (même quand on ne se pince plus).

Il est légitime de se demander s’il existe une corrélation entre la douleur et l’activité électrique nociceptive. 35 % des fibres A-δ et C d’une articulation non-douloureuse sont en activité au repos. Ensuite, la douleur ne se déclenche pas en même temps que les nocicepteurs et le seuil de déclenchement des nocicepteurs ne correspond pas au seuil de déclenchement de la douleur(2).


Lésion = douleur ?

Ces dernières années, grâce aux avancées de la littérature, on comprend que la douleur n'est pas ou très peu associée aux dommages tissulaires. Prenons par exemple le cas d'anomalies radiologiques qui sont présentes chez la plupart des sujets asymptomatiques (3).

De plus, une étude qui a fait des imageries chez des personnes de 80 ans décrit que presque 70 % de cette population a une rupture de coiffe et ne souffre pas (4).. Une dernière étude sur des sportifs de haut est très intéressante. Parmi ces sportifs, aucun ne présente de douleur à l'épaule. Or, presque 40 % présente une rupture de coiffe. Les athlètes ont été suivi pendant cinq ans et aucun n'ont eu de douleur aux épaules. Ce qui met en évidence qu'une lésion n'est pas un facteur prédictif de douleur (5).

On peut se demander s’il existe un effet dose, c’est-à-dire : plus la lésion est importante, plus je vais avoir mal ? La douleur n’est pas corrélée à la quantité de lésions. Elle ne mesure pas l’état des tissus.

Les nocicepteurs peuvent être appelés les récepteurs à la menace homéostatique. Ils s’activent lorsque le corps détecte un danger ou réel. La douleur, quant à elle, est une perception, elle est influencée par des facteurs tels que la fatigue, les expériences passées, les croyances,…

Nous vous invitons à lire l’article sur le modèle BPS et l’ostéopathie pour plus d’informations.






1.        Raja SN, Carr DB, Cohen M, Finnerup NB, Flor H, Gibson S, et al. The revised International Association for the Study of Pain definition of pain: concepts, challenges, and compromises. Pain. 2020;161(9):1976-82.

2. Bialosky, J.E., Bishop, M.D., Price, D.D., Robinson, M.E., George, S.Z.The mechanisms of manual therapy in the treatment of musculoskeletal pain: a comprehensive model. Manual Therapy2009

3.        Cohen M, Quintner J, van Rysewyk S. Reconsidering the International Association for the Study of Pain definition of pain. Pain Rep. 2018;3(2):e634.

4.        Teunis T, Lubberts B, Reilly BT, Ring D. A systematic review and pooled analysis of the prevalence of rotator cuff disease with increasing age. J Shoulder Elbow Surg. 2014;23(12):1913-21.

5.        Connor PM, Banks DM, Tyson AB, Coumas JS, D'Alessandro DF. Magnetic resonance imaging of the asymptomatic shoulder of overhead athletes: a 5-year follow-up study. Am J Sports Med. 2003;31(5):724-7.

 
 
 

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Ce site a été conçu dans le cadre de notre mémoire de cinquième en ostéopathie. Notre objectif est de proposer un espace accessible et informatif, à destination des étudiants, sur les principes de l’éducation aux sciences de la douleur (PNE). À travers ce projet, nous souhaitons partager les connaissances que nous avons acquises, susciter la réflexion, et contribuer à une approche plus globale et actualisée de la prise en charge de la douleur. Nous espérons que ce site pourra être un outil utile, que vous soyez en début de formation ou en cours de spécialisation, et qu’il vous accompagnera dans votre développement professionnel et personnel.

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